Ces faux écolos qui polluent… (ou le cas d’école Altéo-Gardanne)

Ces faux écolos qui polluent… (ou le cas d’école Altéo-Gardanne)

Triste écologie, dominée par les Tartuffes divers et variés, comme l’illustre l’affaire du rejet en mer d’Altéo-Gardanne, véritable scandale écologique où une usine de production d’alumine déverse 270 m3 par heure d’un effluent liquide pollué au cœur du parc des Calanques.

D’abord, certaines associations – association de prud’homie de pêche de la Ciotat, Océan nation, LPO, Seasheperd – se vantent sur internet de faire des « recours » alors qu’elles n’ont même pas attaqué en référé – seule procédure rapide existante -. Ainsi, le tribunal administratif de Marseille n’a-t-il été saisi que d’un seul recours en référé, déposé par d’autres associations et rejeté le 27/02/2016 pour défaut d’urgence. Désormais, avec la bénédiction du tribunal, ces vaillants écologistes acquiescent au fait que la Méditerranée n’en est plus à quelques mois ou années de pollution près. Rendez-vous donc dans au moins deux années (le délai contentieux « normal » étant de 2,5 ans).
Ensuite, certains réclament de l’argent au grand public via des pétitions et collectes sur Change.org et Ullule. Ainsi, un dénommé Olivier Dubuquoy a relancé un pétition atteignant quelques 140.000 personnes et demande 23.000 euros pour financer des recours, cela pour payer l’avocate Hélène Bras de Montpellier (soit 5 à 10 fois le tarif normal). Jusqu’ici, le sieur Dubuquoy a fait un recours hiérarchique auprès de Ségolène Royal, dont les chances de succès étaient nulles et qui fut rejeté (on imagine mal cette ministre ordonner au préfet d’abroger l’autorisation accordée à Altéo après une décision interministérielle et 1,5 ans de consultations).

Le même Dubuquoy a également saisi la CADA (commission d’accès aux documents administratifs) pour savoir ce que les ministres se sont dits lors d’une réunion du 03/11/2015, laquelle CADA a acquiescé le 31/03/2016, ce qui n’offre toutefois qu’un intérêt très secondaire et n’a aucune chance de faire avancer le schmilblick. Mais il faut entretenir l’appel à signatures et dons.

Tout cela en attaquant au tribunal le 23/03/2016 seulement, et alors qu’on ignore toujours qui agit exactement, puisque ces recours ne sont jamais mis en ligne et que leurs auteurs exacts restent méconnus…

Et, oh surprise, l’on retrouve ici des écolos de première classe, comme José Bové, allié de Dubuquoy dans ce combat médiatique. Lequel est venu à Marseille le 31/01/2016 animer une manifestation contre ce rejet marin et travaille depuis des années avec l’avocate Me Bras, sur des dossiers comme le gaz de schiste, où cette équipe a déjà brassé pas mal de contentieux (se moquant d’ailleurs d’être déclarés irrecevables, faute d’intérêt pour agir, dès lors qu’ils accèdent à la tribune).

Certes, Bové n’est pas une référence, après sa charge anti-loups en août 2012 au soutien de ses potes éleveurs : « La meilleure façon de faire, c’est de prendre un fusil et de tirer « . On se demande comment un tel visionnaire, subtil et tout en nuances, peut encore monter sur une tribune d’écolos…

De même, celui qui se vante d’être le 1er prud’homme de La Ciotat (en matière de pêche), Gérard Carrodano, ex-braconnier revendiqué, ne cache pas son hostilité au parc des Calanques comme aux normes européennes de pêche (quotas de thon rouges, filets maillants…), alors qu’il oeuvre avec Dubuquoy et Bové, dont il alimente la propagande internet par des photos de poissons recouverts de boues rouges. Même Seasheperd les « partage » sur facebook, en pleine campagne contre les braconniers de thon rouge…
Ledit Carrodano bénéficie par ailleurs de l’amitié de Didier Réault, président du parc des Calanques (et conseiller départemental LR), un élu de droite autoproclamé écolo et favorable au rejet d’Altéo…

Mais là n’est pas tout. Après les profiteurs et arrivistes viennent les collaborateurs institutionnels.

En premier et fidèle à sa tradition, FNE (France Nature Environnement). Cette fédération de 3.000 associations, largement subventionnée et parmi les plus riches de France (3,4 M€ en 2014 dont 34 % du ministère de l’écologie), qui fait partie de tous les organismes consultatifs, estime qu’Altéo-Gardanne fait de son mieux et elle se borne à demander que les 6 paramètres dépassant les valeurs limites d’émission règlementaires soient respectés dans 5 ans. Le préfet en a donné 6, donc FNE est quasi-totalement-satisfait.

Voici sa position (visible sur son site), de la pure propagande pour Altéo :

« Dans le cadre du dossier Altéo (dit « des boues rouges ») qui pollue la zone cœur du Parc National des Calanques et les débats de son conseil d’administration, FNE PACA et FNE Bouches du Rhône tiennent à souligner les premières avancées, tout en rappelant les objectifs qui doivent être atteints. Nos fédérations saluent les travaux menés par l’industriel de Gardanne. Ces travaux ont abouti à un traitement qui permet d’éliminer 90% des matières en suspension et des polluants solubles, d’après les conclusions des travaux d’analyse d’Altéo. Cette avancée mettrait à portée d’atteinte les objectifs d’arrêt du rejet des boues rouges. (…) Dans ce contexte, notre mouvement demande que l’Etat et le Parc National prennent toutes les dispositions et mobilisent les moyens nécessaires à la mise en conformité du dit rejet dans un délai de 5 ans ».

Avec cette fois le mérite de la franchise, car FNE est aussi capable de se vanter et réclamer de l’argent pour des recours qu’elle n’a jamais faits, comme ce fut le cas en octobre 2015 dans l’affaire des bouquetins du Bargy (que le préfet de Haute-Savoie voulait flinguer sans discernement car 30 % étaient atteints de la brucellose).

Pour être complet, finissons par le triste cas des scientifiques, qui donnent des sons de cloche divergeants et contradictoires : alors que certains s’indignent du rejet (feu Yves Lancelot par ex.), d’autres estiment que tout va bien car l’effluent se dilue, épousant les thèses de l’industriel et n’étant pas choqués que la Méditerranée conserve son statut de poubelle : c’est le cas du conseil « scientifique » du parc des Calanques, qui fut le premier à donner le 07/07/2014 un avis favorable au rejet sans disposer d’études complémentaires et préconisant « l’engagement par l’industriel, au plus tard en 2020, d’une étude de faisabilité d’une traitement complémentaire des eaux industrielles en amont du rejet en mer « . Là où le préfet a finalement donné 6 ans de délai (sous la pression du CSPRT)…

Ou du petit laboratoire « Ecomers » de l’Université de Nice, dont deux chercheurs (M. Taneez et N. Marmier) fournissent des arguments chimiques simplistes à l’industriel pour étayer sa thèse selon laquelle, instantanément et en pleine mer, le rejet génère des hydrotalcites (solides) de soude et d’eau salée qui piègent tous les métaux, de sorte que le restant de l’effluent ne pollue plus…

Mais, ici comme ailleurs, l’industriel paye grassement ces études et ces pauvres laboratoires en ont bien besoin, pour être indépendants et nous asséner d’autres belles vérités « scientifiques ».

Idem pour FNE, entretenue par Lafarge, Véolia, SNCF, ERDF, Nestlé, Carrefour et d’autres grands pollueurs, pour faire des études plus ou moins bidons grâce à leurs réseaux de bénévoles. Ou la LPO, financée par EDF, le cimentier Cemex, Bouygues, Danone, Suez, etc. Certes ils dénoncent aussi, mais sans vraiment remettre en cause les projets, et tout cela fait partie de la même pièce…

A quand une vraie écologie dans les Bouches-du-Rhône, indépendante, sans compromissions ni concessions ?

3 commentaires

  1. Carrodano Gerard
    Carrodano Gerard 7 avril 2016 à 18 h 46 min | Répondre

    Toi qui a écrit cet article tu aurais pu avoir la correction de le signer j’ai rarement lu autant de conneries en si peu de lignes bravo le clavier ne rends pas les coups je t’invite quand même a venir en mer avec moi pour te rendres compte par toi meme de quoi il sagit et comme tu as l’air d’en savoir beaucoup sur tout le monde y compris sur moi appelle moi ou viens me voir je vais t’aider a rédiger un autre article en tout état de cause merci de t’identifier GC

    1. Indy
      Indy 27 juillet 2016 à 17 h 02 min | Répondre

      Oh le “Sassele Ritti” j&r2817;ado#e… souvenirs, émotions avec mon papa ! Celui-ci est magnifique, lumineux ; j’aime bien le stand du chamboule-tout et une mention TB pour la dernière !!!

  2. BERNARD VIGUIE
    BERNARD VIGUIE 7 avril 2016 à 17 h 00 min | Répondre

    j’avoue que j’ai une certaine sympathie pour cet article, car il met les pieds dans le plat.
    Sans connaître précisément le dossier, je fais part ici de ma sympathie car nous avons eu à Sivens des problèmes qui me semblent comparables quant à la conduite du combat associatif, notamment vis-à-vis des manoeuvres de FNE et de Ben Lefetey, qui sont allés jusqu’à demander l’abrogation des arrêtés ayant permis le barrage juste après la mort de Rémi Fraisse alors que les instances en annulation étaient en cours. C’est à dire qu’après la mort de Rémi Fraisse, ils ont fait le contraire de ce qu’il fallait faire pour gagner en justice !
    Voyez pour exemple http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-viguie/061115/sivens-la-honte-volet-2-ou-la-face-cachee-de-la-lune
    Depuis la demande d’abrogation des arrêtés de novembre 2014, que j’ai aussitôt dénoncée et qui est tombée à l’eau, Ben Lefetey est devenu un des dirigeants de FNE…
    Qui peut croire que ces gens peuvent mener une action associative réellement libre et indépendante, alors qu’ils sont largement subventionnés par l’Etat ?

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