Comment à Marseille, la justice condamne à 100 jours de prison pour avoir fumé un joint !

Comment à Marseille, la justice condamne à 100 jours de prison pour avoir fumé un joint !

A Marseille, pour « usage illicite de stupéfiants commis le 18/10/2011 », X se voit condamné par une ordonnance pénale (c-a-d sans procès, par lettre recommandée) du 12/06/2012 à 100 jours-amendes à 3 euros par jour. X peut ainsi mettre de coté 3 euros par jour pendant 100 jours, puis devra s’acquitter du tout auprès du trésor public, sous peine de voir ses 100 jours convertis en autant de jours d’emprisonnement.

Mais, X ne payant toujours pas, le procureur saisit le juge de l’application des peines, lequel par jugement du 13/11/2014 « ordonne l’incarcération de X pour non paiement des jours amendes à hauteur de 100 jours » (voir jugement intégral ci-dessous).

X, lourdement malade, bénéficiaire du RSA et sans logement autonome, était hospitalisé à la date de l’audience fixée par ce juge et n’avait ni comparu ni averti.

C’est ainsi que, pour un joint fumé en 2011, notre machine judiciaire parvient à mettre une personne plus de trois mois en prison, 4 ans après. Certes, le juge dira que l’emprisonnement vient non pas du joint mais du non-paiement de l’amende et du non-respect de la sentence initiale. Mais cette autojustification du système par l’émission d’une nouvelle règle et la sanction de sa méconnaissance sont autant d’absurdités au regard de la réalité, qui est de passer 3 mois privé de liberté, dans une prison insalubre parmi les délinquants, pour un joint.

Et sans doute cette justice moralisatrice n’a-t-elle que faire des finances publiques, puisque X va coûter, en prison, la modique somme de 106 euros par jour (chiffre de 2013 pour les courtes peines), soit 10.600 euros pour n’avoir pas payé une amende de 300 euros.

Juste, cohérente et en plus, efficace !

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