François-Michel LAMBERT, un mytho réactionnaire…

François-Michel LAMBERT, un mytho réactionnaire…

Elu député de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône en juin 2012 à la faveur d’une triangulaire entre l’UMP et le FN, François-Michel LAMBERT est un homme politique qui ne laisse pas d’étonner.

L’intéressé s’intitule « député écologiste » … mais il défend les plus gros pollueurs ! Avec comme « client » favori Altéo-Gardanne, industriel fabriquant de l’alumine à Gardanne et polluant non seulement cette ville, mais aussi une vaste zone naturelle à Bouc-Bel-Air (site de stockage de Mange-garri), et le parc des Calanques (rejet en mer d’un effluent de 270 m3 par heure chargé d’aluminium, de soude et de métaux toxiques).

Critiquant vertement les journalistes ayant dénoncé ces atteintes à l’environnement et les menaçant de poursuites (ce que l’industriel n’ose même pas faire), LAMBERT invente des concepts brillants qu’il étale sur son site, comme celui d’une « plateforme collaborative d’innovation »… qui restera lettre morte, n’intéressant ni l’industriel ni la préfecture, ou le « triptyque Confiance-Exigences-Vigilance« , en parade à une fuite chez Altéo en janvier 2016…

Dans la foulée, LAMBERT qualifie sa collègue Michelle RIVASI, pour avoir lancé une pétition contre le rejet marin d’Altéo, d’« écolo-bobo » qui « n’a pas de courage ».

Mais lui, LAMBERT, il est trop fort. Ainsi, dans une conférence de presse du 04/03/2016, il explique que 7 industriels sont venus à lui pour présenter des solutions innovantes afin de réduire la pollution d’Altéo ! Et sur son site, on peut lire au titre de la réunion du comité de suivi de rejet marin d’Altéo : « Nous sommes proches de solutions pour résoudre les difficultés. Dès à présent sur 6 dérogations, Alteo, sous réserve de constance, respecte les normes communes sur le fer, Alteo a réduit de 50% sur l’arsenic et l’alumine et arrive à maîtriser sur les 3 autres. »

Pourtant, ni le préfet ni les participants à ce comité de suivi (voir leurs comptes-rendus) n’ont entendu LAMBERT présenter ces solutions miracles, alors que l’arrêté préfectoral du 28/12/2015 stipule (article 4.5.2) qu’elles doivent faire l’objet de recherches pendant 2 ans puis d’une mise en place avant 6 ans, et que le BRGM a estimé cette durée comme minimale.

LAMBERT affabule donc. Par ailleurs, il se distingue comme président d’un « institut de l’économie circulaire », avec comme membres fondateurs le syndicat des industries cimentières, Gdrf, la fondation Hulot et d’autres acteurs connus pour leur sens de l’écologie, l’objectif étant de promouvoir ladite économie circulaire et de déposer une proposition de loi avant le départ d’Hollande en 2017. Il va falloir se dépêcher…

Mais ce n’est pas tout : après le soutien des industriels, voici notre LAMBERT secourir les chasseurs, les zoos, l’utilisation d’animaux sauvages par les cirques, le gavage des oies et le déterrage des blaireaux !

Lors de la discussion de la loi sur la biodiversité, le 17/03/2016, il est parvenu à voter contre l’abolition de la chasse à la glu, avec son collègue « écolo » Paul MOLAC (et le député marseillais PS Henri JIBRAYEL), alors que ce procédé de chasse barbare porte atteinte à de nombreux oiseaux et est proscrit par le droit européen.

Tout en nuances, LAMBERT s’épanche sur les bancs de l’Assemblée nationale : « En faisant disparaître la chasse à la glu, qui existe depuis deux mille ans, vous ne vous en prenez pas seulement à une tradition, mais vous remettez en cause l’équilibre et la biodiversité de ces collines : tout s’effondre ! »
Puis, sans craindre le ridicule : « La réalité, c’est qu’avec le recul de la chasse à la glu, on voit arriver la chasse au sanglier, qui provoque un bouleversement de la faune de nos collines. ».

D’autre part, LAMBERT fut à l’origine d’un amendement inscrivant dans la loi que les parcs zoologiques remplissent « une mission de conservation de la biodiversité et d’éducation du public à la culture de la biodiversité » (ce qui les renforce) et vota (comme son camarade JIBRAYEL) contre les amendements de la députée verte Laurence ABEILLE visant à interdire les achats d’animaux sauvages dans les zoos, le gavage des oies ou le déterrage des blaireaux pendant leur période de gestation…

Jusqu’où ira l’ami LAMBERT et combien de temps conservera-t-il son label « écolo » ?

Le 19/05/2016, on apprend qu’il quitte avec 5 autres députés le groupe EELV pour rejoindre le groupe socialiste, dans la lignée des transfuges ex-Verts François de RUGY et Jean-Vincent PLACE, ce qui soulagera sans doute ce qui reste de ce parti… et grossira le PS de quelques greenwashers de plus…

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