Marseille, terre de Jéhovah… Alleluia !

Marseille, terre de Jéhovah… Alleluia !

A l’heure de la lutte contre l’obscurantisme, il en est un dont beaucoup ne réchappent pas tant il est puissant, les témoins de Jéhovah, TJ pour les intimes. On croit le connaître via ses adeptes qui viennent deux par deux toquer à nos portes pour nous expliquer que seuls certains seront sauvés (les fameux 144.000 élus, mais aussi la « grande foule » à laquelle nous pourrions appartenir) et qu’il faut donc vite les rejoindre. Mais on sous-estime leur nombre et leur implantation, ici comme ailleurs, et surtout la gravité de leur actes.
Les TJ sont structurés hiérarchiquement, avec à la base les « proclamateurs » (qui consacrent en moyenne 10H-12H par mois à la prédication) et les « pionniers » (qui doivent prêcher au moins 70H par mois), puis ceux qui commandent : les « anciens », aidés par les « assistants ministériels », les « surveillants de circonscription », etc., avec tout en haut les 10 ou 12 membres du « Collège central », qui reçoivent directement les instructions de Dieu (basé au « Béthel » de Brooklyn-NY et contrôlant la richissime société Watchtower).
Attention, les femmes ne peuvent être que proclamatrices ou pionnières mais en aucun cas au-dessus.
A Marseille, ce sont environ 3 à 5.000 TJ qui sont regroupés en une vingtaine « congrégations » (avec autant de lieux de culte, dits « salles du Royaume »), réunies en deux circonscriptions à Marseille et une à Aix et alentours.
Leurs grandes assemblées se déroulent au vu et su de tous, avec le soutien de journalistes naïfs qui les trouvent « bien sympathiques » : au parc Chanot pendant les années 2000 et jusqu’au 10 juillet 2011 (7.000 personnes), après les années 1990 au stade Vélodrome, deux lieux publics de la ville de Marseille, pas génée de les louer à une secte. Désormais, les TJ possèdent une salle de 2.600 places à Marignane (quartier Pas-des-Lanciers).
Une secte ? Evidemment les TJ s’en défendent et mettent en avant deux arrêts de la cour européenne des droits de l’homme (CEDH) des 30/06/2011 et 05/07/2012 censurant l’administration fiscale française pour avoir taxé d’office leurs dons manuels sans que cette sanction ait été prévisible, ce qui est en effet illégal. Mais cette jurisprudence, qui s’est d’ailleurs appliquée à d’autres sectes, ne dit rien de plus.
Certes, les TJ possèdent le statut d’association cultuelle (au sens de la loi du 09/12/1905), mais cela ne signifie pas que ce culte soit exempt de dérives sectaires, loin s’en faut : les salafistes, les scientologues, Moon and Cie sont aussi des associations cultuelles…
Car les TJ fonctionnent effectivement comme une secte, le faisceau d’indices étant bel et bien constitué, notamment par les éléments suivants :
- pour les TJ, les autres religions sont les œuvres de Satan et seuls les TJ seront sauvés (ce qu’aucune religion ne prétend).
- les TJ ne pensent pas individuellement et doivent suivre les préceptes de leurs supérieurs. Ils ont une lecture de la Bible qui seule leur appartient, où tout est crypté et décrypté par leurs chefs spirituels du Collège central, lesquels ont effectué des calculs et analyses délirants, qui prêteraient à rire s’il ne fallait en pleurer. Les 144.000 élus sont déjà quasi tous auprès de Jésus, qui règne depuis 1914 dans le ciel. Lorsque Jésus descendra sur terre livrer la bataille d’Harmaguédon (censée être proche, après avoir été annoncée pour 1975), enchaînera Satan et règnera pendant 1000 ans, les TJ morts seront ressuscités (comme Voldemort resscuscite les Inferi dans H. Potter) et la « grande foule » se retrouvera aux cotés de Jésus dans un monde nouveau, sur terre… où tous les autres auront été décimés. Après ces 1000 ans surviendra « l’épreuve ultime », où Satan sera relâché et où ceux qui le suivront périront avec lui avant l’avènement du Paradis.
- les TJ ne fréquentent que des TJ, les autres étant qualifiés de « gens du monde ». Ils ne peuvent pas vivre avec des non-TJ, doivent se marier avant tout concubinage ou enfantement (sous peine d’exclusion). Toute leur vie personnelle et sociale est consacrée à Jéhovah.
- l’homosexualité est interdite ; l’avortement aussi ; les femmes sont moins évoluées puisqu’elles ne peuvent monter en grade ; les enfants sont embrigadés
- les TJ ne fêtent ni Noël, ni Pâques, ni Nouvel an, ni les fêtes nationales, la fête des mères ou des pères, ni le carnaval, ni les anniversaires (même ceux des enfants), ni aucun de ces rites païens…
- les TJ contestent les acquis de la science et refusent notamment les transfusions sanguines.
- les TJ ne peuvent participer à la vie politique et en principe ils ne votent pas.
- les TJ financent leur mouvement par des dons, effectués librement et sous toutes formes (notamment des testaments), qui appauvrissent les individus et permettent à la société Watchtower de figurer parmi les 40 sociétés les plus riches de N-Y, avec plus d’un milliard de dollars de recettes annuelles.
- ils doivent contribuer au mouvement par des « travaux » divers et remettre chaque mois un « rapport de prédication » dans lequel ils retracent leur prosélytisme (porte-à-porte), s’exposant à des critiques en cas d’insuffisance. Ils participent 2 à 4 fois par semaine à des lectures de la Bible, des exposés, réunions, assemblées, etc.
- lorsqu’un TJ quitte le mouvement, il est excommunié, c-a-d qu’il est interdit de maintenir des relations avec lui, même s’il s’agit d’un membre de la famille : ainsi, sortir des TJ signifie que ses parents, ses frères et sœurs TJ ne vous adresseront plus jamais la parole (sauf cas de repentir)…
- enfin, compte tenu de cette vie en vase clos, les problèmes sont gérés en interne, étant sacrilège de s’adresser à société ou la justice pour résoudre des choses aussi graves que la pédophilie par exemple, dont bon nombre de voix dénoncent l’impunité voire l’épanouissement parmi les TJ.

Au total, on se demande pourquoi les TJ ne sont pas qualifiés de secte et sont considérés par beaucoup comme des gentils chrétiens, sans doute un peu benêts mais pas méchants : car c’est bien de bourrage de crâne qu’il s’agit, de vies brisées, pour un dogme dont l’intolérance et le fanatisme atteint des summums.
D’ailleurs on peut s’interroger sur la différence entre le Djihad et Harmaguédon, comment le discours du Christ (dont la maxime centrale est « aime ton prochain comme toi-même ») a pu être travesti à ce point, et comment les TJ peuvent encore être classés parmi les religions « chrétiennes » ou même parmi les religions tout court.
Il est temps que les pouvoirs publics cessent de collaborer avec cette secte (la première de France, avec environ 260.000 adeptes) et que nous ouvrions les yeux pour aider ces pauvres TJ de base, qui sont avant tout des victimes. Beaucoup se suicident d’ailleurs…

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